Handicap & Société S'informer

Transports en commun en fauteuil roulant, RER, bus, métro, tram, un challenge

Prendre les transports en commun en fauteuil roulant c’est tout un art. Monter dans un wagon, repérer les ascenseurs pour braver les escaliers. Alors quel type de transport privilégier ? Je vous explique tout dans cet article.
Quand on est handicapé, on est déjà pas très autonome. Ce qui est frustrant, c’est que la société est faite de telle manière à ce qu’on l’est encore moins.

Prendre le rer A en fauteuil roulant, comment ça marche ?

Le RER A est la seule ligne accessible aux personnes à mobilité réduite, et encore, certaines stations n’ont pas d’ascenseurs, mais bon.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a un énorme trou entre le quai et le RER, du coup, avec mon amie, on s’est demandé « comment on monte ? »
Première option et la seule valable quand on ne peut pas se lever : prévenir un agent RATP. Soit à l’accueil, soit en utilisant une borne sur le quai (comme sur la photo à gauche), quand le bouton fonctionne évidemment (true story)… L’agent apporte une rampe pour monter dans le wagon, derrière le conducteur, qui lui aussi doit être informé de votre venue et à quelle gare vous descendez pour pouvoir réquisitionner un autre agent à la gare où vous descendez et vous laisser le temps de descendre.
Prévoyez donc une bonne demi heure d’avance, le process ne se fait pas en 5 minutes.

L’autre option : soulever le fauteuil. Si vous pouvez vous lever, faite-le pour que la personne qui vous accompagne rentre le fauteuil. La technique : prendre appui sur les roues arrières et soulever le fauteuil, de la même manière qu’une poussette.
Problème quand on se lève : les ignorant qui s’offusquent et disent « oh mais elle peut marcher elle est pas paralysée ». C’est vexant mais il faut apprendre à les ignorer, ils ne savent juste pas que la majorité des personnes en fauteuil roulant peuvent marcher. Quand vous ne pouvez pas vous lever, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide à des valides, qui parfois se proposent d’eux-mêmes, ça leur fait plaisir d’aider, allez-y.
Autre astuce : choisir une rame avec emplacement vélo pour avoir la place de vous installer vous et votre accompagnateur.

Prendre le métro en fauteuil, la fausse bonne idée à ne surtout pas faire

Innocemment, pour ma première sortie en fauteuil roulant, moi et mon accompagnatrice nous sommes dit « oh, on a de la chance, je peux sortir du fauteuil si besoin ». Avant d’être handicapée, je n’avais pas remarquée qu’il y avait autant d’escaliers dans Paris et dans les transports en commun…
Nous nous disions que nous pourrions braver les escaliers. Il y en a trop. Un fauteuil c’est lourd, elle devait le porter, même aidée par de bons samaritains, c’était épuisant pour elle. J’étais épuisée aussi, puisque monter ou descendre des escaliers c’est un exercice particulièrement douloureux pour moi.
On ne se rend pas compte, mais le temps où la porte du métro reste ouverte est très court. Pas suffisant quand on est en fauteuil. Le métro n’est absolument pas conçu pour les fauteuils roulants, il n’y a pas de place pour nous à l’intérieur, les barres d’appuis gênent. S’il y a du monde, impossible de rentrer.
À la fin de la journée les escaliers étaient devenus notre hantise. Elle a failli pleurer rien qu’en en voyant un. C’est la première et dernière fois que je prenais le métro en fauteuil roulant. Ne faites surtout pas ça, ce n’est pas accessible, je le confirme.

Le seul métro accessible aux personnes en fauteuil roulant est la ligne 14. Il y a des ascenseurs pour y accéder. Le wagon est au même niveau que le quai, donc pas besoin de rampe. Un métro accessible est donc possible… ?!

Jeu de piste : trouve les ascenseurs, cherche ton logo !

Prendre les transports en fauteuil, c’est faire la chasse aux ascenseurs. Presque à chaque fois que j’ai été dans une station que je ne connaissais pas, moi et mon accompagnatrice galérions à trouver l’ascenseur. Je précise qu’il faut trouver un ascenseur qui fonctionne !
Mon conseil pour celles et ceux qui s’aventurent dans les transports en commun en fauteuil roulant : apprenez à repérer le logo.
Imaginez-vous dans Pékin Express, cherchez le logo et demandez de l’aide des autochtones pour trouver les ascenseurs. À quand Handi-Express ? Après tout, un simple trajet en fauteuil roulant est une épreuve pleine de challenge !

Souvent, les ascenseurs sont cachés dans les recoins de gares. Tellement cachés que c’est là que les sans abris viennent pisser. Ambiance !
Quand on est handi on se sent plus facilement en danger, on est des cibles faciles. Et on doit prendre des couloirs paumés et ascenseur super isolés (ça vaut quand t’es en canne ou béquille). Top.

Le seul truc marrant, c’est quand tu vois les valides qui avaient la flemme de prendre les escaliers devoir descendre de l’ascenseur. Ne soyez pas gênés, considérez-vous comme un-e VIP !

Prendre le train en fauteuil roulant, encore et toujours annoncer sa venue

Comme pour le RER, il faut une rampe. Donc, trouver du personnel ou carrément aller au point mobilité à l’autre bout de la gare (comme à St Lazare) pour prévenir qu’on est en fauteuil roulant. C’est frustrant de devoir annoncer qu’on est handicapé, ne pas pouvoir monter simplement dans son train comme monsieur et madame tout le monde.
Et quand le mec de la RATP t’annonce « ce sera pas possible pour ce train là, il faut attendre le suivant », c’est encore plus frustrant. Mais bien sûr, parce que je suis handicapée j’ai que ça à faire d’attendre le train suivant alors que je suis épuisée et que j’ai hâte de rentrer chez moi.
Je n’ai pas encore testé, mais pour les grandes lignes, je crois il faut acheter directement un billet handicapé, et prévenir la terre entière quand on arrive en gare.

Le bus, un bon moyen de se déplacer en fauteuil roulant

Le bus est une bon moyen de se déplacer. Les rampes fonctionnent souvent, les chauffeurs vous voient et l’actionnent direct, sinon il y a un bouton sur les portes. Généralement c’est automatisé, les portes restent bloquées le temps que la rampe se déploie. Dans certains vieux bus, la rampe est à l’intérieur, au sol et il faut quelqu’un pour la soulever manuellement.

Les rampes fonctionnent au petit bonheur la chance, ça dépend des lignes. Un chauffeur m’a conseillé de faire remonter l’information à la RATP ou l’organisme en question quand une rampe ne fonctionne pas.
Parfois elles fonctionnent mais ne peuvent pas sortir à cause de la hauteur de la chaussée. J’ai eu ce problème avec l’arrêt de bus le plus proche de mon ancien domicile.

Il faut impérativement se mettre aux places destinées aux fauteuils roulants, pour des raisons de sécurité. Une fois, une poussette vide occupait la place, il y avait du monde, j’ai dû me mettre de travers. À cause de la circulation, il y a eu un mouvement brusque, mon fauteuil a glissé (parce qu’une roue, même bloquée, reste une roue). Résultat, je me suis cognée violemment au bras, pile celui où j’avais le plus de lésions.

Le tram existe et c’est le transport le plus pratique pour les usagers du fauteuil roulant

Depuis que je suis une personne à mobilité réduite, je suis amoureuse des tramways. Les quais et wagons sont à niveau, donc pas besoin de rampe ou demander de l’aide pour monter.
On peut monter dans tous les wagons, il y a de nombreuses places disponibles pour les personnes en fauteuil roulant. Il y a aussi généralement moins de gens, donc on circule mieux. C’est vraiment le top pour se déplacer, je le recommande !

Constat : manque terrible d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite

Même une ligne soit disant accessible ne l’est pas tant que ça. Par exemple, en descendant à Auber, nous étions à l’extrémité droite du quai, et forcées de descendre de ce côté là, rampe d’accès oblige.
Évidemment, l’escalier était à l’extrémité à gauche. Fort heureusement, j’avais quelqu’un derrière pour me pousser, nous avons seulement perdu du temps. Je n’ai pu m’empêcher de penser « et toute seule » ? J’aurais dû utiliser le peu de force que j’ai dans mes petits bras pour affronter cette longue distance.
Vu les détours qu’il faut constamment faire, ce n’est pas étonnant que les utilisateurs de fauteuils manuels soient très musclés au niveau des bras ! Pour information, un fauteuil manuel, c’est fatiguant, il faut une certaine force pour faire avancer les roues sur de longues distances.

 

Si vous devez vous déplacer en fauteuil roulant :

  • Privilégiez le tram et le bus
  • Repérez les logos handicapé
  • Ne tentez pas de prendre le métro
  • N’hésitez pas à demander de l’aide aux valides

Pour ma première sortie en fauteuil roulant, moi et mon accompagnante voulions aller voir une exposition. Nous l’avons ratée parce que nous avons perdu tellement de temps dans les transports que le guichet pour acheter des billets était déjà fermé quand nous sommes arrivées. Après plusieurs années sans aller à Paris à cause de mon handicap (4 ans environ), une simple balade sur les bords de Seine de la Villette m’a fait beaucoup de bien. Mais quelle aventure ! Honnêtement, il faut le vivre pour le comprendre.
Ca me rend dingue que l’Etat dépense des millions d’euros pour des trucs comme le Service Nationel Universel plutôt que de créer de nouvelles rampes d’accès ou ascenseurs pour rendre accessibles les transports en commun.
J’ai encore beaucoup à dire sur le fauteuil roulant, sur son utilisation, mes mauvaises expériences ou comment pimper son fauteuil (articles à venir).

Mon livre : En finir avec les errances médicales, Lisa Naudé, éditions Idéo 2024
Disponible à la Fnac, Cultura, Leclerc, Amazon, leslibraires.fr, Place des libraires, Decitre, La Procure, Rakuten, Eyrolles librairie, Hall du livre, et disponible en commande dans n’importe quelle librairie 💖

Handi_mermaid (blagues, humour sur la maladie et le handicap)

Chroniques d’une patiente

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *